Est-ce la fin des jeux piratés ?

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Jamais une protection n’aura autant résisté aux hackers que le système Denuvo présent dans plusieurs nouveaux jeux pour le moment inviolés. La force de cette solution c’est qu’à chaque fois qu’une faille est détectée, elle est réparée via une mise à jour. Si la première version n’était pas sans faille, les dernières n’ont pour le moment pas été piratées. D’ailleurs, ce système de protection est l’une des causes de la pause d’un an annoncée par l’équipe de hackeurs chinois 3DM. Certains y voient déjà la fin du piratage. C’est oublié que tout le temps, les hackeurs ont fini par contourner les protections.

Des jeux qui résistent

Les premiers jeux bénéficiant des premières versions de Denuvo ont longtemps résisté, mais ils ont fini par être piratés. C’est le cas de FIFA 15, Lords of the Fallen, Dragon Age: Inquisition, Battlefield: Hardline, Batman: Arkham Knight, Mad Max, Metal Gear Solid V: The Phantom Pain et Anno 2205. Déjà, ces jeux ont résisté plus que la moyenne aux différentes équipes de hackeurs, avant d’être finalement piratés.

Par contre, des jeux plus récents profitant des nouvelles versions Renuvo résistent toujours et encore aux hackeurs. On retrouve : FIFA 16, Star Wars Battlefront, Just Cause 3, Rise of the Tomb Raider, Unravel, Plants vs. Zombies : Garden Warfare 2, Far Cry Primal, Hitman, Need for Speed, Eve: Gunjack, ADR1FT, Doom, The Climb Homefront : The Revolution, Total War: Warhammer, Edge of Nowhere, Mirror’s Edge Catalyst, Sherlock Holmes: The Devil’s Daughter et Inside. Pourtant, certains sont sortis il y a déjà plus de 6 mois. Il s’agit déjà d’une victoire pour les éditeurs, puisque le gros des ventes se fait dans les 3 premières semaines qui suivent la sortie du jeu.

Un système de protection qui coûte cher

Pour pouvoir bénéficier de la protection Denuvo, les éditeurs doivent cependant passer la main au portefeuille. Ce système est relativement onéreux. Ce qui explique pourquoi ce sont surtout des gros éditeurs qui l’ont pour le moment utilisé. Il faudra attendre encore plusieurs années, avant qu’il ne se démocratise et vienne protéger la majorité des jeux. De même, les éditeurs indépendants ne pourront jamais se payer un tel système de protection, mais s’il se révèle efficace dans le temps. Cependant, les jeux les plus piratés sont généralement les gros titres et rarement des jeux d’éditeurs indépendants.

Dans tous les cas, il ne faudrait pas que les éditeurs répercutent le coût de Denuvo dans le prix de vente de leurs jeux. Sinon, encore une fois c’est le consommateur qui paierait les pots cassés.

La fin du piratage ?

Face à la difficulté de pirater Denuvo, certains jeux ne devraient jamais être piratés. C’est le cas de FIFA 16 pour lequel il n’y a plus grand intérêt passé 6 mois, puisque chaque année, vers le mois d’octobre sort le nouvel épisode.

L’équipe chinoise 3DM, l’une des plus  au niveau du hacking de jeux vidéo, a même décidé de faire une pause d’un an. Elle reviendra qu’en 2017. Son objectif est de montrer que l’arrêt du piratage ne fait pas pour autant augmenter la vente des jeux vidéo.

Reste que pour le moment, la victoire est plutôt dans le camp des éditeurs. Mais sur le long terme, les pirates ont toujours réussi à casser les systèmes de protection, donc la bataille est loin d’être terminée.

Le piratage a-t-il un mauvais effet sur les ventes ?

La question peut vous paraître étrange et pourtant elle est très sérieuse. Si les éditeurs soutiennent le fait que le piratage leur fait perdre de l’argent en réduisant le nombre de jeux vendus, la réalité pourrait être différente. Déjà, le marché des jeux vidéo ne s’est jamais aussi bien porté. Même les jeux sur PC (victime essentielle du piratage) se vendent encore.

De plus, rien ne prouve que le piratage réduit les ventes, au contraire. En effet, ceux qui téléchargent illégalement des jeux le font souvent soit parce qu’ils n’ont pas les moyens de se le payer, soit pour tester la qualité du jeu ou s’il tourne sur leur PC. Les démos gratuites ont disparu et les jeux PC ne sont pas toujours très bien optimisés. Certains sont même bourrés de bugs à leur sortie et injouables. Sans oublier que les joueurs fidèles d’une saga ne sont jamais récompensés d’acheter chaque nouvel épisode. Devoir à chaque fois dépenser entre 40 et 60 € pour jeu qui ne plaira peut-être pas, qui ne fonctionnera pas sur le PC ou complètement bâclé, peut énerver.

Pour ceux qui n’ont pas les moyens, si le piratage est supprimé, ils n’achèteront toujours par le jeu. Ceux qui veulent tester le jeu, ils sont nombreux à finalement l’acheter si le jeu leur plait. Une partie de ceux qui ne l’achètent pas ne l’aurait jamais acheté même sans piratage, car le jeu ne leur plait pas ou fonctionne mal. Finalement, il ne reste qu’une infime partie de personnes qui téléchargent le jeu illégalement, alors qu’il l’aurait acheté sinon.

A l’inverse, parmi ceux qui téléchargent pour tester et l’achète ensuite, nombreux sont ceux qui ne l’auraient jamais acheté sinon.

Au final, il est difficile de dire que le piratage nuit réellement à l’industrie des jeux vidéo. En plus, les éditeurs ne se privent pas pour sortir des jeux qui ont besoin de DLS payants pour être totalement terminés.

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